Le Mythe d’une police violente et raciste

©️ Flickr - Mikael Marguerie

L’on entend dans les médias que la police serait une institution violente mue par son racisme. Nous verrons sur quoi reposent ces accusations et ainsi comment les contredire.

Les « violences policières », une expression politisée choisie à dessein :

L’expression « violences policières », n’a pas été choisie sans raison. Elle permet en effet de désigner sous une apparente simplicité des situations qui n’ont pourtant rien à voir les unes avec les autres.  

La « violence policière » désigne en effet la perpétration par des policiers en exercice d’actes violents envers d’autres personnes.

Sauf qu’en France, le policier est au sens du droit pénal un « dépositaire de l’autorité publique ». Par cela, la loi autorise celui-ci à employer la force dans certaines situations prévues par le droit, telles que les arrestations durant lesquelles les mis en cause feraient acte de violence ou de rébellion, d’évasion, d’infractions commises en état de flagrant délit, etc. Il faut donc faire la distinction entre usage légitime de la force, sous couvert de la loi, et violence « illégitime », c’est-à-dire hors du cadre légal. 

Or, cette définition simpliste permet d’englober tous les cas d’usage de la force, sans intérêt pour leur caractère légitime ou non.

Les raisons de ce choix : 

Thomas Hobbes développe dans son Léviathan publié en 1651, l’idée selon laquelle les hommes à l’« état de nature » ne cherchent qu’à survivre et défendre leurs intérêts personnels. Afin d’éviter cet état au sein duquel l’homme serait un loup pour l’homme, il lui apparaissait nécessaire qu’une instance supérieure soit chargée de pacifier la société, par la violence s’il le faut. Violence acceptée de tous sous forme d’un contrat social, et dont on laisserait la gestion à l’État, qui de ce fait obtiendrait le monopole de la violence légitime.

Max Webber ajoutera plus tard que c’est ce monopole de la violence légitime même qui serait ce qui définit essentiellement l’État. Ainsi, nier toute légitimité d’un État à faire usage de violence permettra donc de le nier lui-même. 

Raison pour laquelle nous retrouvons aujourd’hui main dans la main extrême gauche, souvent dans l’histoire, méfiante face à la religiosité voire carrément opposée à celle-ci, et indigénistes, souvent proches, sinon liés, aux milieux islamistes. Ce qui nous aurait semblé hier n’être que l’union de la carpe et du lapin trouve aujourd’hui son sens dans un but commun : l’opposition à l’État français.

Mais pour nier toute légitimité à l’État lorsqu’il fait usage de la force légitime dont il a le monopole et sur laquelle repose son existence, encore fallait-il trouver une accusation suffisamment infamante, invocable à la moindre occasion : le racisme.

Le mythe des motivations racistes dans l’action de la police :

Cette accusation constitue évidemment un stratagème sophiste, voulant que pour discréditer l’adversaire, il convient de jeter la suspicion sur celui-ci en lui prêtant des motifs inavouables. Ici celui du racisme d’État, aussi appelé « systémique », rappelant évidemment « les heures les plus sombres ». 

Mais de manière assez fine, elle repose sur une analyse biaisée de données factuelles. Il est en effet constaté par ses détracteurs, que sont souvent contrôlés ou interpellés par la police des gens issus de l’immigration. 

C’est notamment ce que relève un rapport du Défenseur des droits de 2017, selon lequel la fréquence des contrôles d’identité pour les jeunes hommes de 18 à 25 ans perçus comme noirs ou arabes en France serait selon leurs déclaration, 20 fois supérieure à la moyenne nationale. Ce qui entrainerait, toujours selon ce rapport « une perte de confiance envers les forces de police ».

Mieux encore : si hier la surreprésentation des personnes issues de l’immigration en milieu carcéral était niée par nos opposants politiques, elle est parfois désormais admise, mais comme conséquence du racisme de l’État : les policiers, par racisme, qui ne contrôleraient que des gens de couleur, trouveraient donc davantage de délinquants ou criminels parmi eux, ce qui conduirait à cette surreprésentation carcérale évoquée plus tôt.

En résumé : si la police est détestée, et par extension souvent attaquée à l’occasion de ses missions, ce serait la conséquence de son racisme, qui se constaterait dans la surreprésentation des personnes issues de l’immigration contrôlées, et donc condamnées en justice.

Pourquoi n’est-ce qu’un mythe ?

Cette idée savamment construite et facile à assimiler met volontairement de côté un élément essentiel : l’infraction à la loi pénale. C’est autour d’elle que se constitue l’action de la police. Et non autour d’une race dont la prise en compte est interdite et condamnée par le droit français.

En effet, les policiers n’étant pas équitablement répartis sur l’ensemble du territoire, sur quel élément décide-t-on du nombre de policiers travaillant sur un secteur donné ? En fonction du nombre d’infractions relevées. Et souvent, se constate un corrélation entre importance de population issues de l’immigration et nombre d’infractions constatées. Ainsi, il arrive que les personnes caucasiennes soient minoritaires sur ces territoires criminogènes. Il serait donc délicat, voire impossible de s’assurer d’un contrôle d’identité équitablement réparti en fonction des ethnies.

Mais au-delà de cela, ce mythe du « racisme policier » repose aussi sur l’idée fausse que le contrôle d’identité se ferait au bon vouloir du policier.

En réalité, cette pratique est encadrée par l’article 78.2 du Code de procédure pénale, selon lequel en dehors des zones frontalières, le contrôle d’identité est effectué sur une personne déterminée, lorsqu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction. Lorsqu’elle se prépare à commettre un crime ou un délit. Lorsqu’elle est susceptible de fournir des renseignements utiles à l’enquête en cas de crime ou de délit, ou fait l’objet de recherches ordonnées par une autorité judiciaire. Et enfin pour prévenir une atteinte à l’ordre public, notamment à la sécurité des personnes ou des biens.

Le contrôle peut aussi être déterminé en fonction d’une zone et horaires particuliers, sur réquisition du procureur de la République aux fins de recherche et de poursuite d’infractions qu’il précise. Technique souvent mise en place face à l’accroissement du nombre d’infractions commises dans un lieu spécifique.

En résumé, l’action de la police dans le cadre d’un contrôle d’identité, est dictée non pas par la couleur de peau de la personne contrôlée, mais par la commission ou la préparation d’une infraction.

Ainsi, face à un nombre important d’auteurs de faits issus de l’immigration, il est logique que les contrôles d’identité touchent plus ces derniers. L’on ne peut après tout pas décemment attendre de la police qu’elle contrôle par convenance une vieille dame de type européen de 70 ans, quand est recherché pour une infraction un jeune de 20 à 30 ans, de type nord africain.

Il nous faudra sûrement encore répondre au dernier argument de nos opposants une fois leur thèse contredite : « Toute votre argumentation liant immigration et insécurité repose sur l’idée que l’immigré est délinquant par nature. Ce qui est raciste. ».

Ici, il faut préciser que nous avons souligné un fait : la corrélation entre immigration et délinquance. Mais à aucun moment nous n’avons affirmé que le premier était la source du second.

Reste à développer ce qui serait selon nous la source de la motivation délinquante ou criminelle.

L’origine de la motivation délinquante ou criminelle :

Le point de vue de la gauche est matérialiste : c’est la pauvreté dans laquelle évoluent certaines populations qui les conduirait à agir de manière contraire à la loi pour s’enrichir. Pauvreté qui serait possiblement la conséquence de discriminations d’une société raciste, faisant donc de l’auteur de l’infraction une victime de la société, et de sa victime une responsable indirecte de sa situation.

Cette inversion accusatoire repose sur une forme de marxisme au rabais reprenant imparfaitement la logique de la « lutte des classes », adaptée aux races. Imparfaite car mettant de coté le concept de « lumpenprolétariat ». Terme marxiste désignant les « éléments déclassés, voyous, mendiants, voleurs, etc. » du prolétariat, qui seraient dépourvus de conscience de classe et qui ne voudraient pas en avoir. Se faisant, ils seraient incapables de participer à une lutte politique organisée, leur instabilité morale, leur paresse, leur manque d’éducation, leur violence potentielle permettant à la bourgeoisie de les utiliser contre celle-ci.

Plus encore, cette inversion accusatoire s’effondre une fois confrontée à la réalité. En effet, si la pauvreté était la source de l’insécurité, il n’y aurait pas de « délinquance à col blanc », c’est-à-dire de pratiques délictuelles commises par des personnes issues de la classe la plus aisée de la société.  

Si la pauvreté était la source de la délinquance, les départements les plus pauvres de France que sont la Creuse et le Cantal seraient parmi les plus criminogènes. Or, il n’en est rien

Notre point de vue est plus idéaliste (au sens philosophique du terme). La source de l’insécurité n’est pas tant la pauvreté que le manque de sentiment d’appartenance à la nation.

C’est parce que ne se sentant pas membre de la nation, mais plutôt membre d’une autre, qu’un individu issu de l’immigration peut se sentir le droit d’agir contre elle. C’est parce que ne se sentant pas membre de la nation, mais plutôt citoyen du monde, qu’un homme déjà fortuné peut ne ressentir aucune gène à frauder le fisc ou commettre un délit d’initié, afin de s’enrichir davantage aux dépens de la société. 

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©️ Flickr – Mikael Marguerie

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