Étudiants : les grands oubliés de la dictature sanitaire

Face à la crise sanitaire que nous affrontons depuis plus d’un an déjà, nous avons pu entendre jeudi 14 janvier, après la proclamation d’un nouveau couvre-feu par le Premier ministre Jean Castex, généralisé à l’ensemble du territoire, la « grande annonce » de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur : la reprise des travaux dirigés en demi-groupe à partir du 25 janvier, afin de mettre fin aux cours à 100 % dispensés en distanciel.

Excellente nouvelle de prime abord, puisque depuis la rentrée, après un bref espoir de retour à une scolarité dans des conditions normales en septembre dernier, l’ensemble des étudiants de France avaient vu les Universités se fermer à eux, les unes après les autres, les laissant une nouvelle fois livrés à eux-mêmes pour affronter la somme importante de travail qu’ils doivent accomplir afin de se former et ainsi préparer leur avenir.

Ainsi, tout commençait bien… Jusqu’à la suite de cette « grande nouvelle » : cette reprise ne vaudrait que pour les L1 (premières années) … laissant pour compte tous les autres.

S’il est vrai qu’il s’agit là d’une année charnière pour ces étudiants, devant assimiler dans un même temps les vastes fondements d’une matière ainsi qu’une nouvelle méthodologie de travail,  induisant un risque de décrochage plus élevé, cette décision limitée aux L1 demeure incompréhensible pour l’ensemble des corps étudiants et universitaires.

Il faut savoir qu’un grand nombre de facultés ont mis en place pour les partiels s’étant déroulés à partir du mois de décembre, un dispositif de présentiel afin de permettre aux élèves de passer leurs examens dans de meilleures conditions. Et cela dans le respect de la distanciation sociale et des autres gestes barrières.

Sachant que les TD se déroulent toujours en petit nombre, il nous paraît incroyable d’empêcher de la sorte les autres étudiants de participer à ces travaux en présentiel, quand il semble pourtant que les universités disposent des moyens pour le permettre.

Cette situation est d’autant plus révoltante que le gouvernement sait à quel point cette situation pèse sur les étudiants. En effet, lors de la séance des questions au gouvernement mardi 12 janvier, Jean Castex a reconnu qu’un grand nombre d’entre eux se trouvaient en “situation d’isolement, de solitude et de difficultés pédagogiques”. Détresse se traduisant parfois de la manière la plus dramatique qui soit : par des tentatives de suicides qui ont été rapportées sur différents campus.

C’en est au point que plus 84% des jeunes interrogés (de 18 à 24 ans) dans le cadre d’un sondage Ipsos, se déclaraient en situation de décrochage ou en perte de motivation pour leurs études, et 70% se considéraient en « détresse psychologique », d’après une autre étude d’Opinion Way.

Quels sont les solutions proposées par la Ministre de l’enseignement supérieur face à cette grave situation ?

Dans un premier temps, afin de continuer dans la mascarade gouvernementale, Mme Vidal propose « un doublement des psychologues en Universités ».

Comme vous l’aurez compris, l’objectif de l’exécutif ici encore, n’est pas de s’attaquer à la racine du problème en permettant aux étudiants de travailler dans des conditions décentes.

La solution donnée par nos brillants dirigeants est de laisser les élèves sombrer dans un mal-être dont ils sont pourtant la source, pour les suivre psychologiquement ensuite… Soit la parfaite démonstration de la politique « du pompier pyromane équipé d’un pistolet à eau ».

Mais le plus irritable reste à mon sens la justification de ces mesures. Mme Vidal a énoncé que « Le problème n’est pas le cours dans l’amphithéâtre », mais « l’étudiant qui prend un café à la pause, un bonbon qui traîne sur la table ou un sandwich avec le copain à la cafétéria ».

En somme, le problème empêchant la réouverture des facultés, serait l’incapacité des étudiants à respecter les gestes barrières, supposés si profondément sots qu’ils seraient capables durant cette période, de « manger des bonbons qui traînent »…

Outre l’incroyable mépris de ces arguments, le plus choquant reste l’incapacité du gouvernement à proposer des solutions pragmatiques.

À titre d’exemple, si le problème sanitaire ne réside en effet pas dans la dispensation de cours au sein des amphithéâtres, mais dans les lieux de restauration, il suffirait alors de fermer les cafétérias, et non l’ensemble des facultés !

Il nous apparaît évident que l’exécutif se contente d’une politique de « gestion de la pénurie », car incapable de proposer une stratégie cohérente permettant aux étudiants d’avancer sereinement dans leur cursus universitaire tout en maitrisant les risques sanitaires.

Pourtant, le décrochage de ses derniers est un problème de fond dont nos dirigeants devraient se soucier. S’il venait à s’installer dans le temps, outre les conséquences sur la sanité psychologique des élèves évoquées plus tôt, plusieurs générations d’entre eux se verraient dans l’obligation de retarder leur accès au monde du travail, alors que l’essentiel des emplois rencontrant aujourd’hui des difficultés de recrutement demeure justement vacant par défaut de candidats aptes à remplir les fonctions en question, ce qui ne pourrait que nuire à moyen et long terme à notre économie déjà mal en point.

L’on peut également légitimement s’inquiéter des futures difficultés que rencontreront ces jeunes à l’avenir, en présentant à leur recruteurs des diplômes à la valeur amoindrie, du fait de partiels supposément plus accessibles, puisque assez souvent passés en distanciel.

Fort heureusement pour ces jeunes, le pire n’est qu’une passade. Viendra bientôt tant la fin de cette crise sanitaire, que celle du mandat d’Emmanuel Macron à la tête de notre Nation. Plus qu’un an à tenir et les étudiants pourront, s’ils le souhaitent, voter en faveur d’un parti qui aura à cœur de leur garantir le meilleur environnement possible afin qu’ils puissent donner le meilleur d’eux-mêmes dans la poursuite de leurs objectifs.

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Photo ©️ LCI

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