Démocratie, la hantise d’En Marche

Castaner refuse la présence de députés RN à l’Assemblée nationale

Alors qu’à l’instar du reste du monde, la France traverse une crise sanitaire inédite, face à laquelle le pouvoir en place qui n’a rien anticipé, brille depuis des mois par sa médiocrité.

Tandis que nos soignants, nos commerçants, nos entrepreneurs et tant d’autres souffrent, Christophe Castaner, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, a décidé de prouver que la petitesse de son parti peut s’exprimer dans bien d’autres sujets, en déclarant notamment auprès du journal “L’Opinion” qu’il n’était pas favorable à l’instauration d’une dose de proportionnelle dans le cadre des élections législatives, alors qu’il s’agissait là d’une promesse de campagne du candidat Macron, formulée à l’occasion des élections présidentielles de 2017.

Par cela, cet ancien ministre remercié de ses fonctions pour son évidente incompétence, affirme indirectement sa préférence pour l’actuel scrutin uninominal majoritaire à deux tours, qui a pour particularité de favoriser le bipartisme et les accords d’appareils, au détriment de la qualité de représentation des électeurs au sein de l’Assemblée nationale.

Pour saisir la situation, il nous faut rappeler que ce mode de scrutin fut initialement choisi par le général de Gaulle à la sortie d’une troisième et quatrième Républiques, toutes deux tombées à l’issue d’une lourde crise institutionnelle (seconde guerre mondiale pour l’une, et guerre d’Algérie pour l’autre), rendues insurmontables de par une instabilité politique découlant justement d’une absence de majorité claire au sein de la Chambre basse du Parlement.

L’on peut en effet comprendre qu’à la sortie d’une période tourmentée de notre histoire, l’on ait pu trouver acceptable de sacrifier une part de la dimension démocratique de notre régime afin de lui garantir la nécessaire quiétude pour réussir à se stabiliser. Plus encore quand l’on se rappelle que ce tempérament démocratique de sa logique représentative était contrebalancé par un renforcement de la démocratie directe, par un recours assez régulier au référendum (au moins durant les premières années de notre Cinquième République).

Mais aujourd’hui, l’usage de ce mode d’élection est désormais injustifiable pour deux raisons :

La première étant que le temps faisant, le recours à cet outil de démocratie direct a cessé. La seconde étant que le risque d’une instabilité institutionnelle telle que la survie du régime serait en jeu, semble désormais plus qu’improbable.

Puisque la Constitution nous offre d’autres armes pour affronter une pareille crise, tels les pleins pouvoirs donnés au Président de la République durant une courte période prévus en son article 16. Mais aussi parce qu’il existe désormais d’autres modes d’élection garantissant une majorité à un parti politique au sein d’une assemblée, tout en s’assurant d’une représentation plus juste du corps électoral dans sa diversité d’opinion, tel le scrutin proportionnel avec prime majoritaire pour la liste arrivée en tête, notamment utilisé à l’occasion des élections régionales.

Les différents modes de Scrutin en Europe

Ainsi, il ne subsiste plus aucun argument honnête permettant de s’opposer à l’abandon du scrutin uninominal majoritaire à deux tours, que nous sommes l’un des deux derniers pays d’Europe à conserver. Mais c’était sans compter la malhonnêteté des élus de la majorité, qui assument d’invoquer un motif plus que douteux pour justifier sa position.

La raison avancée par Christophe Castaner pour s’opposer à l’instauration du scrutin proportionnel à l’occasion des élections législatives ? Il veut éviter que ne soit élue “une centaine de députés RN“.

Outre le terrible déni de démocratie que constitue cette position, ce député marcheur nous fait ici deux aveux involontaires : en admettant rejeter le retour à la proportionnelle au motif qu’il n’a pas envie de voir 100 députés RN intégrer l’Assemblée nationale, il démontre que la politique menée par Emmanuel Macron vise moins à servir les Français, qu’à nuire à Marine Le Pen, quitte à devenir l’infâme monstre autoritaire dangereux pour la démocratie qu’il croit à tort deviner dans le RN.

Mais plus encore, Christophe Castaner nous confirme qu’il sait que des millions de Français souhaitent être massivement représentés par le Rassemblement National au sein de l’Assemblée nationale !

En effet, la victoire écrasante de Jordan Bardella, directeur de Génération Nation, lors des Européennes 2019 donne un aperçu de ce que le RN réaliserait en cas d’instauration de la proportionnelle à l’occasion des élections législatives. L’on comprend ainsi parfaitement pourquoi le RN fait peur à Christophe Castaner, qui sait que le seul moyen d’éviter que le RN ne réitère ce succès à l’occasion des législatives, c’est encore de faire perdurer le système uninominal à deux tours permettant à leurs partis satellites faisant mine d’être des opposants durant le mandat, d’inviter dans l’entre-deux tours, à voter contre Marine, ou contre le RN.

Mais il n’en demeure pas moins que ce représentant d’En Marche méprise ici des millions de Français ! Qui est-il pour décider de la valeur du vote Rassemblement National ?

Les électeurs du RN auraient-ils à ses yeux moins de droits que ceux de La République en Marche (ou ce qu’il en reste) ?

Si oui, nous lui rappelons que l’égalité juridique est un droit inscrit aux articles 1 et 6 de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui a valeur constitutionnelle.

Les Français méritent mieux que cette parodie de démocratie que nous impose la Macronie.

Pour un retour à la proportionnelle, le choix est simple : Votez Marine Le Pen aux futures élections présidentielles de 2022, afin que chacun, peu importe son parti, soit justement représenté au sein de l’Assemblée nationale ! Français, réveillez-vous !

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Photo ©️ Libération

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