Bac supprimé, génération sacrifiée sur fond d’épidémie

©️ Unsplash - Alex Jones

Dans un récent reportage d’Envoyé spécial tourné avant Noël, France 2 mettait en évidence les difficultés que rencontrent les étudiants de France en cette période d’épidémie de Covid-19.

Cours intégralement en distanciel, isolement, manque de suivi pédagogique, perte de job étudiant, précarité, détresse psychologique et échec scolaire, tel est désormais le quotidien de bon nombre d’étudiants de cette année scolaire 2020-2021.

Face à ce constat sans appel, nous étions nombreux à réclamer la réouverture des universités le plus tôt possible avec, bien entendu, la distanciation physique et les gestes barrières recommandés comme cela était le cas jusqu’aux vacances de la Toussaint et qui est de mise aujourd’hui encore dans les lycées.

#EtudiantsFantomes : révélateur de la protestation

En réponse à la montée de la protestation estudiantine avec, notamment, le hashtag #Etudiantsfantomes sur les réseaux sociaux, le Gouvernement a annoncé la semaine dernière de nouvelles mesures pour la gestion de l’épidémie dans le milieu universitaire.

Le jeudi 21 janvier, Emmanuel Macron affirmait que les universités devraient accueillir 20% de leurs étudiants en présentiel pour le second semestre.

L’épidémie que nous connaissons actuellement ne justifie en rien la condamnation de notre génération qui est, de surcroît, la plus faiblement exposée au virus.

Le lendemain, la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal a éclairci les propos du Président de la République dans une interview donnée à BFMTV. Alors que certains établissements rouvriront dès la semaine prochaine, tous devront permettre à leurs étudiants d’assister à une journée de cours minimum sur site par semaine d’ici le début du mois de février grâce à un système de roulement des groupes.

Nous ne pouvons qu’encourager l’exécutif à aller dans ce sens pour, non seulement le bien-être psychologique des étudiants en manque de lien social, mais aussi et surtout pour éviter un décrochage, notamment pour ceux en première année, qui ont davantage besoin de suivi et d’accompagnement.

Toutefois, la ministre conditionnait cela à l’absence d’un reconfinement total comme celui que nous avons connu au printemps 2020, car alors les étudiants, comme le reste de la population, ne pourraient plus se déplacer. Le choix d’un reconfinement n’étant pas écarté, nous resterons vigilants.

Contrôle continu pour les épreuves de spécialité du Baccalauréat

Cependant, le Ministre de l’Éducation nationale a annoncé dans un courrier aux chefs d’établissements scolaires avoir supprimé les épreuves de spécialité du baccalauréat initialement prévues pour le 15 mars, alors que celui-ci a déjà été réformé en profondeur. Ainsi, les épreuves concernées seront évaluées selon le principe du contrôle continu comme ce fut le cas l’an passé.

Si l’urgence et la propagation du virus justifiaient une telle mesure l’an dernier, la suppression pure et simple des épreuves de spécialité apparaît totalement injustifiée aujourd’hui, d’autant plus que les partiels se sont tenus pour la grande majorité des étudiants, que ce soit en présentiel ou à distance en cette fin de premier semestre universitaire.

Alors que la valeur du baccalauréat ne cesse de diminuer et que les néo-bacheliers se retrouvent de plus en plus impréparés au monde universitaire, l’épidémie que nous connaissons actuellement ne justifie en rien la condamnation de notre génération qui est, de surcroît, la plus faiblement exposée au virus.

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